Le Liban, petit pays de l’Est
de la méditerranée (fig.1),
constitue une entité complexe et originale dans la région
du Moyen-Orient. Pays de refuge pour des minorités souvent persécutées,
il regroupe actuellement une population multiconfessionnelle. Son histoire
relate des périodes de conflit et de réconciliation qui
a marqué la répartition et l‘organisation territoriale
actuelle.
CONVERGENCE DES DIVERSITES
La population libanaise, très
éclectique du point de vue religieux, regroupe 17 communautés
(fig.2).
Les communautés chrétiennes orientales représentent
quatre grandes traditions: syriaque, byzantine, arménienne et
copte. Au cours du premier millénaire la tradition syriaque s'est
divisée en trois communautés: syriaque orientale (assyrienne),
syriaque occidentale et maronite.
L'influence de l'Occident est ancienne et a donné naissance à
une Eglise latine en Orient. Elle a également abouti à
la création d'Eglises catholiques orientales: chaldéenne,
syriaque, grecque et arménienne. Les Maronites sont catholiques
depuis leur origine.
Enfin, des missions protestantes ont établi à partir du
XIXe siècle diverses communautés dans la région
réunies au Liban dans une fédération.
Les musulmans du Liban se répartissent entre
4 communautés: sunnite, chi'ite, druze et alaouite. La communauté
juive a aujourd'hui presque disparu du Liban mais reste officiellement
reconnue.
Avant la guerre civile de 1975, la ville de Beyrouth
(capitale du Liban) était un lieu de regroupement et de concentration
de la plus grande partie de la population libanaise (fig.3).
Les gens issus de diverses origines religieuses, politiques et sociales
s’y côtoyaient ordinairement. Mais le conflit a eu pour
conséquence de diviser la ville, de créer une ligne de
démarcation, non seulement physique et politique, mais aussi
religieuse. Schématiquement (fig.4)
, Beyrouth se scinde en deux quartiers : Est (à majorité
chrétienne) et Ouest (à majorité musulmane). En
effet, dans un pays où politique et religion sont intimement
liés, une mutation a marqué le paysage religieux, suivant
la division du pays. Cette transformation s’est matérialisée,
notamment dans les quartiers les plus exposés aux violences,
par des lieux de cultes dévastés, abandonnés, voire
même déplacés…
Depuis 1990 (date de la fin du conflit), en pleine
phase de reconstruction, on assiste à une réappropriation,
par les diverses communautés religieuses, de cet espace urbain
qui a été temporairement délaissé.